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Par : Vetosteo
Publié : 8 juillet 2014

Bases de l’ostéopathie : le "MRP"

Le Mouvement Respiratoire Primaire (MRP) est une base essentielle en pratique ostéopathique. Son approche est pourtant délicate, tant dans sa compréhension intellectuelle, que dans sa perception clinique. Nous allons ici donner les éléments fondamentaux anatomiques y intervenants.

Le MRP est une fluctuation, au rythme de 8 à 12 par minute, du liquide céphalo-rachidien. Il prend sa source dans les ventricules cérébraux et l’espace subarachnoïdien, de part la variation de volume issue de la motilité inhérente du système nerveux central.

Cette motilité est synchrone avec les mouvements de la symphyse sphéno-basilaire et des os crâniens impairs (en flexion et extension, c’est-à-dire un mouvement axial) et des os crâniens périphériques ,comme les temporaux ou les frontaux par exemple, qui présentent quant à eux un mouvement de rotation externe, puis interne.

La structure permettant de maintenir l’équilibre dynamique de ce mouvement est formée par l’ensemble des méninges crâniennes, et notamment par la faux du cerveau et la tente du cervelet, qui jouent le rôle de membranes de tensions réciproques.

Rappelons juste que la faux du cerveau s’insère cranialement sur la crête frontale, la crista galli, la crête ethmoïdale médiane et le processus ethmoïdal, et postérieurement sur la protubérance occipitale. La tente du cervelet s’insère cranialement sur les processus clinoïdes, postérieurement sur les crêtes latérales occipitales, et latéralement sur le bord supérieur des zones pétreuses des temporaux. L’insertion de la faux sur la tente est une ligne d’équilibre fondamentale pour les ostéopathes, qui l’appellent Fulcrum de Sutherland, du nom du « découvreur » du MRP ans les années 1930.

Ainsi, lors de la phase inspiratoire, l’insertion crâniale de la faux du cerveau se déplace vers l’arrière, tandis que la tente du cervelet va vers l’avant.

Par ailleurs, les méninges ne présentent pas d’insertion osseuse efficace au-delà de la troisième vertèbre cervicale, jusqu’à la deuxième vertèbre sacrée. De fait, les mouvements induits aux méninges au niveau crânien vont se répercuter sur le sacrum, qui reproduit donc le MRP sur un plan axial (flexion et extension) entre les iliaques.

De même, ce MRP est transmis à l’ensemble de l’organisme par le biais du tissu conjonctif qui prolonge les méninges et la dure-mère, ce qui ouvre des possibilités intéressantes en terme d’exploration fonctionnelle.

C’est l’étude des variations de ce rythme, dans sa vitesse, sa fréquence et son cycle, qui va renseigner l’ostéopathe des dysfonctions crâniennes, mais également autres, y compris viscérales. Et qui va lui permettre d’en entreprendre la résolution. Mais c’est une autre histoire…