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Par : Vetosteo
Publié : 8 juillet 2014

Les Fleurs de Bach, l’Ostéopathie et l’Animal

L’ostéopathie est souvent considérée comme une thérapie des structures. Pourtant, les ostéopathes s’interrogent fréquemment sur les effets du mental sur leurs actions correctives, mais aussi sur celles de leurs actions sur le mental de leur patient. Il émerge alors une relation d’apparence confuse entre la structure d’un organisme et son état émotionnel. La médecine conventionnelle a été jusqu’à créer un compartiment de la pathologie qu’elle a nommé maladies psycho-somatiques.

Devant cet état de fait, des associations de thérapie sont parfois utilisées. Pour complémenter l’ostéopathie, il est judicieux d’associer une médecine des émotions. Parmi le panel dont nous disposons, la florathérapie élaborée par le docteur Edward Bach est particulièrement indiquée du fait de son action uniquement émotionnelle.

Edward BACH (1886-1936) était un médecin anglais travaillant à Londres. Sa formation de bactériologiste et son intérêt pour les travaux d’Hahnemann l’amène à proposer des dilutions fondées sur les diverses populations bactériennes intestinales ; ces travaux –connus sous le nom de Nosodes de Bach- permettent des résultats remarquables sur les affections chroniques délicates.

Il avait par ailleurs remarqué que la manière d’agir et de se comporter des patients influençait l’évolution de leurs maladies, et qu’il était possible de répertorier ces traits de caractères, comme Hahnemann l’avait fait avant lui en établissant les diathèses homéopathiques. Afin de s’affranchir de la base pathologique de ses nosodes, il décida de rechercher un substrat positif à une nouvelle série de remèdes. Ce sont les fleurs de la campagne qui le mirent sur la voie. Il découvrit alors que certaines fleurs peuvent, lorsqu’elles sont prises per os sous forme de dilutions, agir sur une émotion négative et permettre la réémergence de son pendant positif. Appliquant au départ la méthode qu’il avait mise au point pour ses nosodes, puis utilisant l’eau pure uniquement, il aboutit à un élixir floral. La découverte de l’ensemble des fleurs utiles lui prit 8 ans.

Le principe élémentaire du travail d’Edward BACH est que la maladie est « entièrement la conséquence d’un conflit entre le Moi spirituel et le Moi temporel », le corollaire étant que les conflits fondamentaux de la vie nous empêchant d’être nous-même sont à l’origine des maladies.

BACH considère que ces conflits fondamentaux sont au nombre de 7 (chez l’Homme, seule espèce qu’il ait vraiment étudiée). On y trouve : • la peur • l’incertitude • le manque d’intérêt pour le présent • la solitude • l’hypersensibilité aux influences et aux idées • le découragement ou désespoir • la préoccupation excessive du bien-être d’autrui.

Dans le système floral, 38 fleurs différentes sont répertoriées en ces 7 catégories ; la multiplication des fleurs dans chaque catégorie conflictuelle permet de préciser finement le conflit. Ainsi par exemple, au sein des conflits de type Peur, Bach détermine cinq sous-éléments, dans lesquelles nous pouvons toujours rattacher une peur quelle qu’elle soit, et fait correspondre à chacune un élixir floral précis : • peur définie, identifiée mimulus • peur inexpliquée aspen • peur de perdre la raison cherry plum • peur pour les autres red chestnut • terreur rock rose

Par ailleurs, il crée un ensemble de cinq élixirs floraux prémélangés, à utiliser dans tous les cas de stress (au sens large du terme) que d’aucun devrait, selon lui, avoir toujours à disposition. Cette association, appelée remède d’urgence, ou encore rescue remedie ou plus simplement rescue, contient impatiens, star of bethleem, cherry plum, rock rose et clematis.

Le choix des élixirs floraux se porte sur ceux correspondants aux émotions négatives révélées. Afin de les déterminer, deux méthodes sont possibles. Edward BACH a développé une méthode analytique fondée sur un entretien avec le patient. Il est également possible de procéder par méthode sensible, et c’est d’ailleurs ainsi que BACH a recherché et découvert les éléments de sa florathérapie. Chez l’animal, l’entretien sensu stricto passe par le propriétaire, et est de ce fait déformé par l’interprétation des signes du patient par son maître, et la reformulation par celui-ci à l’aide de son vocabulaire propre. Il est donc nécessaire de pratiquer une forme d’entretien approprié avec l’animal directement, et le ressenti ostéopathique prend ici toute son importance.

L’utilisation des fleurs de Bach chez l’animal demande donc une perception de l’animal suffisante pour comprendre et interpréter ses mécanismes émotionnels. Cela passe également par la connaissance des données émotionnelles de chaque espèce, un chien ne réagissant pas comme un cheval, ni surtout comme un humain. C’est ce que nous appelons le référentiel émotionnel spécifique.

Le référentiel émotionnel canin nous indique ainsi comment aborder les problèmes des chiens. Pour le comprendre, il faut remonter à la domestication canine. Selon la théorie la plus communément admise, le chien domestique dérive du loup sauvage. Celui-ci a une vie de groupe de plusieurs individus commandé par un animal dominant. Chaque loup se positionne hiérarchiquement par rapport aux autres membres de la troupe. Le chien conserve ce type de fonctionnement social, la troupe étant représentée par la famille l’entourant ainsi que par les autres animaux domestiques de la maisonnée. Pourtant, l’imprégnation du chien peut être poussée à l’extrême dans certains cas, notamment en milieu urbain. Il est alors possible de voir apparaître des phénomènes de « copiage émotionnels » ne découlant pas de la simple domestication, mais plutôt d’une dérive des rapports homme/animal. C’est d’ailleurs ces éléments qui font la particularité du référentiel émotionnel canin par rapport à ceux des espèces voisines sauvages.

Quant au référentiel émotionnel félin, le rapprochement avec les félidés sauvages indique que les chats ont un comportement solitaire, défendant souvent avec âpreté leur territoire, ne quittant leur besoin d’individualité que pour la nécessité de survie de l’espèce. De cette habitude découle une très grande réactivité à l’environnement, puisque chaque individu doit répondre seul à ses modifications sans pouvoir s’appuyer sur les congénères proches. Les émotions, premier facteur adaptogène, sont donc nombreuses et facilement exprimées. Là encore, la domestication des chats a conduit à des modifications particulières. Le meilleur exemple sont les bandes de chats existant sous forme clanique et rejoignant par là l’exception féline que sont les lions. Cette promiscuité ne se fait d’ailleurs pas sans heurs émotionnels.

Face à l’absence à l’heure actuelle de travaux généraux concernant le traitement des troubles émotionnels chez les animaux par les techniques ostéopathiques, il est particulièrement intéressant d’aborder l’organisme par ces deux méthodes concomitamment : le soin ostéopathique permettant de corriger la structure, et l’étude florathérapeutique s’attaquant aux causes et/ou conséquences émotionnelles présentes à la même période.

Dans notre expérience, se dégagent les quelques points suivants : • des remèdes du groupe des Peurs sont fréquemment en relation avec des dysfonctions de la charnière lombo-sacrée. • des remèdes du groupe des Préoccupations excessive du bien-être d’autrui sont souvent présentes lors de dysfonctions de la charnière dorso-lombaire. • des remèdes du groupe du Manque d’intérêt pour le présent sont classiquement notés lors de dysfonctions des dorsales moyennes. Mais tout ceci reste à confirmer par l’étude du plus grand nombre possible.

L’ostéopathe, parfois démuni devant un tableau clinique récidivant, doit savoir se tourner vers une médecine non conventionnelle ou conventionnelle lui apportant la complémentarité nécessaire à sa résolution ; les Fleurs de Bach sont une de ces thérapies possibles et doivent s’inscrire dans le panel disponible pour le praticien.