Vous êtes ici : Accueil > Généralité > Ostéopathie du cobaye, du rat, du lapin et du furet
Par : Dr. x
Publié : 8 juillet 2014

Ostéopathie du cobaye, du rat, du lapin et du furet

Le vétérinaire ostéopathe reçoit de plus en plus de demandes concernant la manipulation des Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) . Il nous semble intéressant de faire le point sur les espèces susceptibles de recevoir des soins ostéopathiques, et sur les indications médicales de ces mêmes soins.

Les NAC peuvent se diviser en quatre grands groupes que sont les oiseaux, les reptiles, les rongeurs et lagomorphes, et enfin les « curiosités d’espèces » tels la mygale ou le guépard. Nous allons traiter ici des reptiles d’une part, et des rongeurs et lagomorphes d’autre part. En effet, l’ostéopathie des oiseaux a déjà fait l’objet d’une publication précédente . et nous y renvoyons le lecteur. Par ailleurs, l’ostéopathie des cas « bizarres » n’a d’intérêt qu’anecdotique.

Le traitement ostéopathique des reptiles est quasi Terra Incognita. Quelques grandes lignes se dégagent pourtant des premières données.

L’abord des ophidiens est de toute évidence peu pratique. Les quelques essais connus ne sont guère probants.

Celui des chéloniens, en revanche, mérite que l’on s’y attarde quelque peu. Bien que peu d’éléments anatomiques soient facilement accessibles (tête, membres et queue), il est possible d’aborder les tortues ostéopathiquement. En effet, leur anatomie se rapproche de ce que nous rencontrons habituellement au niveau de la boite crânienne : les structures sous-jacentes aux éléments solides (os du crâne dans un cas, écailles de la carapace dans l’autre) sont connectées de manière similaire. Une approche de type crânien permet donc de travailler l’organisme dans son ensemble.

Enfin, les sauriens sont les reptiles les plus propices à la manipulation ostéopathique. Nous éviterons les crocodiliens pour nous limiter aux iguanes et apparentés. L’ostéopathe retrouve alors un animal de morphologie classique dont l’abord est habituel. Les indications sont identiques à celles des mammifères.

La plus grande part des consultations ostéopathiques des NAC concerne cependant les rongeurs, lagomorphes et mustélidés de compagnie.

Au sein des rongeurs, il faut distinguer deux grandes catégories d’animaux.

Les plus petits rongeurs sont extrêmement turbulents, fragiles, et leur taille est un réel handicap pour l’ostéopathe.

En revanche, les rongeurs de grande taille sont beaucoup plus aisément manipulables ; leur abord ostéopathique est facile.

Le Chinchilla est un animal pesant environ 500 grammes et pouvant vivre 10 à 15 ans, voire plus dans de très bonnes conditions. Les affections susceptibles de répondre à un traitement manipulatoire sont les troubles digestifs, cutanés et ostéo-articulaires. Par ailleurs, du fait de la longévité remarquable du chinchilla, il est possible de rencontrer des problèmes d’arthrose.

Le Rat est très représenté, il pèse 500 grammes en moyenne et vit environ 3 ans. La colonne vertébrale est classiquement en dôme, ce qui induit une pathogénie ostéopathique particulière (lésions souvent en flexion). Les troubles les plus fréquents sont d’ordre respiratoire, digestif ou ostéo-articulaire.

Le Cobaye, ou Cochon d’Inde, pèse un peu plus lourd (800 grammes) et vit souvent un peu plus vieux (5 ans). Son squelette est de type classique ; l’ostéopathie intervient dans les pathologies cutanées, respiratoires et bien sûr ostéo-articulaires.

Les Lagomorphes sont représentés par l’ensemble des lapins domestiques, qui vivent en moyenne 7 ans, et dont le poids varie de 300 à 2 000 grammes. L’organisation du squelette illustre l’adaptation au saut. Ainsi, les quatre lames de ressorts des membres postérieurs sont soumises à de très importants moments de force lors de la course. Les dysfonctions ostéopathiques sont étroitement liées avec cette particularité. Les troubles souvent rencontrés sont respiratoire, digestif et ostéo-articulaire.

Le seul Mustélidés domestiqué est le furet. Pesant 900 grammes et vivent une dizaine d’années, il connaît un certain engouement, au point d’être devenu le troisième animal de compagnie par la fréquence. La particularité ostéopathique du furet est de pouvoir réaliser une palpation ventrale de la plupart des vertèbres lombaires, tant cet animal est souple et « mouvant ». L’extrême laxité du furet ne rend d’ailleurs pas toujours les manipulations aisées. Facilement atteint par des dysfonctionnements cutanés et uro-génitaux, le furet est plus rarement atteint de troubles ostéo-articulaires, à l’exception des membres qui souffrent souvent des cabrioles incessantes.de l’animal.

Les soins ostéopathiques envers les Nouveaux Animaux de Compagnie sont de plus en plus fréquents. Les particularités spécifiques doivent être connues par les praticiens, bien que très peu d’études aient vu le jour actuellement. Cependant, certains vétérinaires se sont intéressés à ces animaux et peuvent leur apporter tout le bénéfice possible des techniques ostéopathiques.